

Je fais partie de ces gens qui ne se souviennent pas qu'enfant puis adolescent, à l’école ou en famille, on leur ait jamais demandé leur avis sur quoi que ce soit d’autre qu’utilitaire.
Le langage était corporel ou verbalement réduit au véhiculaire et au pratique, ignorant sa partie métaphorique et créative.(suite du texte)
Depuis 1993, j'ai réalisé 26 projets auprès de publics en difficulté, jeunes en errance, bénéficiaires du RMI, détenus...
De ces expériences diverses de pratique théâtrale dans des lieux en marge des institutions culturelles résulte une évidence aveuglante : l'accès à la culture est l'un des éléments fondateurs de la vie en communauté, de la cohésion sociale. Les statistiques sur la population carcérale sont implacables à ce sujet : la grande majorité des détenus sont issus de milieux sociaux et culturels.(suite du texte)
J'ai toujours été impressionné par les lieux pleins de silence. Cela me renvoie à une certaine dualité comme la gesticulation des stades et le recueillement des églises...l'idée de la méditation, du deuil.
Certains lieux produisent, de fait, cette impression, consciemment ou inconsciemment aux personnes qui s'y trouvent. Sans se concerter, ils deviennent ensemble mutiques : un commissariat de police, une salle d'attente, un tribunal, un cimetière, les sas d'accueil d'une prison, par exemple.(suite du texte)